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Chinon au fil des Siècles...

Au cœur du Val de Loire, la Ville de Chinon est classée au patrimoine mondial de l'Unesco

Chinon, c’est d’abord un site exceptionnel qui a favorisé l’implantation de la ville : la présence, à côté d’une voie d’eau importante telle la Vienne, d’un coteau calcaire aux pentes abruptes sur lequel il était facile d’implanter une enceinte qui se trouvait naturellement fortifiée.

La phrase de François Rabelais, qui résumait la situation de Chinon ainsi : « assise sur pierre ancienne, au haut, le bois, au pied, la Vienne », fait allusion à la forêt domaniale de Chinon (5500 ha), qui occupe toujours aujourd’hui un large territoire sur le plateau, au nord-est de la ville.

Le site aurait été habité depuis le VIIe siècle avant J.C. L’implantation d’un habitat se confirme à l’époque gallo-romaine, en contrebas d’une enceinte fortifiée située à l’emplacement de l’actuelle forteresse. Au Ve siècle, un disciple de saint Martin, saint Mexme, crée un monastère à Chinon, qui devient le pôle religieux de la future ville, et un lieu de pèlerinage sur le tombeau du saint. Au Xe siècle, Chinon appartient aux comtes de Blois, qui font reconstruire partiellement le château, et passe au siècle suivant dans le domaine des comtes d’Anjou, les Plantagenêt.

Chinon connaît son heure de gloire au Moyen-Age : d’abord au XIIe siècle, à l’époque des souverains Plantagenêts (Henri II et la reine Aliénor, Richard Cœur de Lion), puis au XVe siècle, lorsque la cour de France exilée de Paris y vient régulièrement : c’est ainsi que Jeanne d’Arc rencontre pour la première fois le dauphin, futur Charles VII, à Chinon en 1429.












Hérités de ce riche passé médiéval, la forteresse et l’ancienne collégiale Saint-Mexme (lien vers les descriptifs de ces monuments ?) sont les plus importants éléments du patrimoine historique de la ville. Mais le centre-ville a aussi conservé le tissu urbain médiéval, avec ses rues étroites et tortueuses, ses maisons à pans de bois, les plus remarquables étant concentrées autour de carrefours comme le grand Carroi et le carrefour du puits des bans, ses hôtels particuliers en tuffeau…

Au XVIe siècle, la ville n’est plus un lieu de résidence du roi, tout en conservant une administration royale, ce qui explique encore la construction ou le réaménagement d’hôtels particuliers remarquables (Maîtrise des Eaux et Forêt, hôtel Bodard de la Jacopière…)

En 1631, Chinon passe dans le domaine du cardinal de Richelieu. Lui et ses héritiers, les ducs de Richelieu, délaissent le château qui tombe en ruine. De nombreux couvents issus de la Contre-Réforme sont construits autour du centre-ville fortifié, comme par exemple le couvent des Calvairiennes, rue François Mitterand, aujourd’hui transformé en résidence d’appartements (la résidence Saint-Michel).

Aux XIXe et XXe siècles, Chinon connaît de nombreuses transformations urbaines : création des quais à l’emplacement des fortifications, construction de bâtiments publics : tribunal, hôtel de ville, gendarmerie… Les espaces publics sont aménagés par la plantation d’arbres (promenade des docteurs Mattraits, le long de la Vienne) et l’implantation de statues rendant hommage aux grands personnages de l’histoire de Chinon : Rabelais, Jeanne d’Arc. L’aménagement d’une voie de chemin de fer passant à Chinon, en 1875, entraîne le déclin du commerce fluvial, jusqu’alors florissant. L’installation de la gare entraîne aussi l’extension de la ville vers l’est ; cette extension se poursuit au XXe siècle sur le coteau.

En 1958, la première centrale nucléaire française est construite à côté de Chinon.

Aujourd’hui, l’ensemble du site se découvre depuis la rive gauche de la Vienne. La forteresse, perchée en haut du coteau, domine la ville basse, nichée à ses pieds. Les remparts en bords de Vienne ont été remplacés au XIXe siècle par les quais, bordés de platanes aujourd’hui centenaires qui recréent une muraille végétale.

La promenade en haut du coteau, le long du GR 3, de la forteresse à la chapelle Sainte-Radegonde, permet de bénéficier d’un belvédère exceptionnel sur la ville et le foisonnement des toits d’ardoise, qui laissent place vers l’est aux quartiers plus modernes, jusqu’à la voie ferrée qui marque la limite avec les terres inondables par la Vienne.

Le caractère exceptionnel du patrimoine de Chinon a fait très tôt l’objet d’une reconnaissance par les institutions : ainsi, le château et la collégiale Saint-Mexme sont inscrits sur la première liste des monuments historiques, en 1840. Aujourd’hui, c’est plus d’une vingtaine de monuments qui sont protégés. Enfin, le centre-ville bénéficie d’un secteur sauvegardé (lien vers la page documents d’urbanisme), document d’urbanisme qui permet d’œuvrer au quotidien pour la reconnaissance, la protection et l’amélioration de la qualité architecturale et urbaine du centre historique de Chinon.